Huit questions à poser sur le syndrome clinique isolé
Si vous venez de recevoir un diagnostic de syndrome clinique isolé (SCI) ou si vous cherchez à en savoir davantage sur le SCI, il y a huit questions que vous devez poser pour vous assurer d’obtenir les meilleurs résultats à long terme.
Qu’est-ce que le SCI?
Le terme syndrome clinique isolé (SCI) décrit un épisode qui survient dans le système nerveux central (SNC) (c.-à-d., le cerveau et la moelle épinière) et qui peut ou non constituer un signe précoce de sclérose en plaques (SP). Un SCI est associé à l’apparition de signes et de symptômes semblables à ceux que l’on voit dans la SP et qui sont, croit-on, le résultat d’une inflammation et/ou d’une démyélinisation (perte de la myéline qui recouvre les cellules nerveuses) au sein du SNC, y compris le nerf optique et le tronc cérébral. Comme dans la SP, les symptômes se manifestent parce que la transmission normale des influx nerveux est interrompue. Pour que les symptômes soient considérés comme un SCI, ils doivent durer au moins 24 heures.
L’épisode de symptômes peut être causé par une ou plusieurs lésions (zones démyélinisées) dans le SNC; un SCI peut se traduire par un seul symptôme ou une combinaison de symptômes, selon les nerfs touchés. Les symptômes peuvent comprendre des effets « invisibles » dont vous seul vous rendrez compte, comme des changements de la vision, des troubles cognitifs, la douleur, une fatigue extrême, des sensations anormales, des troubles intestinaux ou vésicaux et une sensibilité à la chaleur. Le SCI peut aussi occasionner des symptômes visibles, notamment des troubles d’équilibre et de coordination, des tremblements et une faiblesse ou une raideur musculaires.
Quelle est la différence entre le SCI et la SP?
D’après les symptômes cliniques seuls, le SCI et la SP semblent pareils. Toutefois, la SP certaine ne peut être diagnostiquée qu’après la survenue d’un deuxième épisode de symptômes de type sclérose en plaques (ou de signes visibles à l’imagerie par résonance magnétique (IRM)) qui répondent à des critères diagnostiques précis. Il n’est pas possible de prédire avec certitude si une personne présentant un SCI contractera ultérieurement la SP. Les études révèlent que 85 % des personnes atteintes de SP clinique certaine avaient initialement présenté un SCI.
Comment le SCI est-il diagnostiqué?
Le diagnostic du syndrome clinique isolé (SCI) repose principalement sur les résultats cliniques, y compris vos signalements de symptômes « invisibles ». Votre médecin doit aussi exclure d’autres maladies qui peuvent imiter le SCI. Un examen IRM est effectué pour détecter des signes d’inflammation et de démyélinisation (c.-à-d., des lésions) dans le SNC.
Qu’est-ce qu’un SCI signifie pour moi?
Chez de nombreuses personnes, le SCI prédit une deuxième poussée de symptômes qui confirme le diagnostic de la SP. Cette possibilité est difficile à accepter. Cependant, pour les experts qui traitent la SP, le SCI représente une conjoncture favorable précieuse – la chance de procéder plus tôt que plus tard aux épreuves et à aux études d’imagerie qui excluent ou confirment la SP. Passer à l’action permet de prendre en charge l’anxiété d’attendre un diagnostic final.
Le niveau de risque d’une personne peut être suggéré par les résultats d’un examen IRM effectué au moment du SCI. Les personnes qui n’ont pas de lésions visibles à l’IRM courent un faible risque de contracter la SP; le risque augmente avec le nombre de lésions détectées. Les études menées chez des patients présentant un SCI et au moins deux lésions à l’IRM cérébrale (qui ne causaient de symptômes) ont révélé qu’au cours des deux ou trois années suivantes, 45 à 50 % des patients ont subi une deuxième poussée (c.-à-d. qu’ils ont répondu aux critères cliniques de la SP).
Pourquoi l’IRM est-elle si importante?
Tel qu’expliqué précédemment, les examens IRM conventionnels des lésions du SNC effectués au moment d’un SCI peuvent servir à prédire le risque qu’une personne contracte ultérieurement la SP. Alors que l’examen IRM initial fournit en soi des renseignements précieux, il semble qu’il soit encore plus utile quand il est comparé à des examens IRM susbséquents. Un examen IRM peut être répété annuellement ou en tout temps quand de nouveaux symptômes apparaissent.
Traditionnellement, la vitesse potentielle de progression est prédite à l’aide des mesures IRM des lésions dans le SNC. La recherche récente suggère que l’évaluation IRM du tissu cérébral (atrophie) pourrait fournir une évaluation plus complète de la progression de la maladie que les mesures des lésions. Bien que la quantité de tissu dans le cerveau de tout un chacun décline avec l’âge, cette atrophie cérébrale se manifeste durant les premières phases de la SP et progresse plus rapidement chez les personnes atteintes de SP que chez celles qui n’ont pas la SP. Par comparaison à des mesures IRM antérieures, l’ampleur de l’atrophie cérébrale observée à l’IRM est étroitement liée à l’incapacité. La variation de volume cérébral qui se produit au cours de la première année suivant l’apparition d’un SCI peut aider à prédire le degré d’incapacité six ans plus tard.
Peut-on traiter les symptômes du SCI?
Le traitement immédiat d’un SCI est semblable au traitement que l’on peut utiliser pour une poussée de SP. Les personnes reçoivent souvent des glucocorticoïdes par voie intraveineuse, qui peuvent ou non être suivis par des stéroïdes par voie orale, dont on diminue graduellement la dose sur plusieurs jours ou semaines pour atténuer l’inflammation et accélérer le rétablissement.
Pourquoi est-il important d’instaurer tôt le traitement par un médicament modificateur de l’évolution de la SP?
Nous savons que la sclérose en plaques (SP) entraîne une détérioration qui s’accumule progressivement, et que l’expérience de la maladie au cours des premières années a vraisemblablement des répercussions importantes à long terme sur l’évolution de la SP. Les résultats d’études cliniques bien conçues indiquent que l’utilisation précoce et continue de l’un des quatre médicaments modificateurs de l’évolution de la SP (MMÉSP) approuvés – les interférons bêta et l’acétate de glatiramère – peut retarder la survenue d’un deuxième événement neurologique.
Chez les personnes qui ont présenté un SCI, on a montré que les MMÉSP ralentissent jusqu’à 40 % la progression de l’incapacité et qu’ils réduisent jusqu’à 50 % la probabilité de contracter une SP clinique certaine (SPCC) (définie comme une deuxième poussée clinique), comparativement à un placebo. Autrement dit, chez les personnes qui ont contracté ultérieurement une SPCC, la SPCC est apparu deux fois plus tard chez les personnes traitées que chez celles ne recevant aucun traitement.
Cela dit, les personnes présentant un SCI n’ont pas toutes besoin de commencer un traitement par un MMÉSP. Le traitement devrait être reporté chez les patients qui n’ont pas de lésions cérébrales ou médullaires, parce que ces personnes courent un faible risque de subir une deuxième poussée. Il devrait aussi être reporté chez les patients chez qui d’autres diagnostics ne peuvent pas être adéquatement exclus.
Le traitement peut être envisagé chez les personnes présentant un SCI :
- si le patient a subi un épisode neurologique documenté qui est caractéristique d’une démyélinisation dans le système nerveux central.
- s’il n’y a « pas de meilleure explication » à la présentation neurologique.
- si le patient est considéré à risque élevé de subir une autre poussée.
- si la première poussée est survenue au cours de l’année précédente.
À qui puis-je m’adresser pour obtenir de l’aide concernant le SCI?
Consultez votre médecin
Si vous pensez que vous avez présenté un SCI, ne présumez que tout va bien parce que les symptômes ont disparu. L’activité de la maladie persiste même en l’absence de symptômes. Consultez votre médecin. S’il s’agit d’un SCI, le temps est de votre côté – le diagnostic et le traitement précoce offrent les meilleurs résultats à long terme.
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