Prise en charge des effets cognitifs et émotionnels de la SP
L’entraînement cognitif peut aider les personnes qui souffrent de SP à apprendre à compenser les lacunes dues aux modifications fonctionnelles. Cet entraînement peut reposer sur des mesures d’auto-assistances informelles ou des techniques cognitives destinées à montrer des stratégies qui peuvent servir de substitut à une mémoire défaillante.
La plupart des répercussions émotionnelles qui ne sont pas dues aux effets neurologiques de la SP sont associées au sentiment d’incertitude, d’anxiété et d’impuissance que vit le sujet. Afin de retrouver un sentiment de confiance et d’avoir l’impression que leur vie ne leur échappe pas complètement, il est très important que les personnes souffrant de SP s’informent adéquatement sur leur maladie.
Si votre estime de soi ou votre capacité à accomplir vos tâches quotidiennes sont perturbées par un problème cognitif, ou si un tel problème cause de la souffrance à votre entourage ou vous-même, ne gardez pas cela pour vous. Ce type de problème fait fréquemment l’objet de discussion dans les groupes de soutien et les rencontres à visées éducatives. Informez-vous, posez des questions aux professionnels de la santé spécialisés en matière de SP et parlez avec d’autres malades afin de savoir comment ces derniers composent avec leurs difficultés. Cela vous permettra de vous sentir moins isolé et vous aurez accès à davantage de ressources.
Votre mémoire pourrait être meilleure si vous améliorez votre concentration. Efforcez-vous, lors d’une activité quelconque, de vous concentrer sur une seule chose à la fois, comme le sujet essentiel d’un article ou le nom des personnages d’un livre ou d’un film. Par la suite, essayez de les rappeler à votre mémoire. Utilisez des images mentales pour vous aider à ne pas oublier les choses que vous devez absolument vous rappeler. Par exemple, pour ne pas oublier votre parapluie avant de sortir, imaginez-vous la pluie en train de vous tremper jusqu’aux os.
UN CAS VÉCU - Comment va votre travail?
Les problèmes cognitifs peuvent affecter votre rendement au travail. Voici ce que raconte un malade à propos de son expérience et de la façon dont il compose avec sa situation.
J’ai des pertes de mémoire et j’éprouve de la difficulté à me concentrer, à me rappeler les noms, les rendez-vous et les courses à faire. Je cherche souvent le mot qu’il faut pour finir mes phrases. Avant de savoir que mes symptômes étaient dus à un dysfonctionnement cognitif et qu’il existe des techniques pour pallier ce problème, j’avais l’impression, parfois, que ce que je disais à mes interlocuteurs avait peu de sens. J’étais également convaincu que mon QI avait considérablement diminué et que ma capacité à comprendre des concepts complexes était douteuse.
Après un certain temps, je suis allé passer une évaluation cognitive. À présent, je sais que le dysfonctionnement cognitif est un état qui se traite, que mon QI n’a pas changé, que j’avais tort de me croire incapable d’exprimer clairement mes pensées dans une conversation et que j’étais trop sévère envers moi-même en ce qui a trait à mes capacités. J’ai un problème, c’est vrai, mais j’ai appris à vivre avec.
Voici quelques conseils pour composer avec les symptômes.
- Réservez le moment de la journée où vous vous sentez le mieux pour les tâches les plus exigeantes sur le plan cognitif et prenez des pauses pour éviter de vous fatiguer l’esprit.
- Tenez un journal ou un cahier quotidien, ou encore utilisez un agenda numérique dans lequel vous noterez tous vos rendez-vous, les choses que vous devez vous rappeler et les tâches à faire. Cochez au fur et à mesure les tâches accomplies. Prenez l’habitude de consulter votre journal de façon régulière chaque jour, par exemple tous les matins après le réveil, et une autre fois le soir, afin de prendre connaissance de vos obligations du lendemain.
- Lorsque vous faites un appel téléphonique ou que vous en recevez un, notez la date, l’heure et le nom de la personne avec qui vous avez parlé. Rédigez également un court résumé de la conversation, en guise d’aide-mémoire.
- Lors d’une conversation dont vous devez vous souvenir, répétez les points importants sitôt après les avoir entendus, afin qu’ils soient clairs dans votre esprit. Cet exercice vous aidera à vous rappeler l’essentiel.
- Soyez régulier dans ce que vous faites ou faites-vous un horaire.
- Évitez le plus possible tout ce qui pourrait vous distraire. Au travail par exemple, évitez les aires communes. Demandez qu’on vous attribue, si possible, un bureau pour vous seul et fermez la porte au besoin.