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Qu'est-ce que la SP?

 

Le système nerveux central

Non, vous n'avez pas la berlue! Le système nerveux central est si important qu'il faut bien comprendre son rôle dans la sclérose en plaques (SP). Votre compréhension de ce système peut constituer un outil puissant qui vous permettra de mieux prendre en charge la SP.

Le corps humain est composé de pas un, mais bien trois systèmes nerveux. Même si ces trois systèmes sont séparés par catégorie, en fait, ils sont interdépendants. Pour que le corps fonctionne adéquatement, il faut que les trois systèmes nerveux fonctionnent correctement et en harmonie.

Pendant que vous lisez, des millions de bits d'information provenant de la vue et des sons atteignent le système nerveux et doivent être analysés afin de déterminer une réaction appropriée. Presque toute l'information est écartée parce que jugée «pas importante» à ce moment. Pendant ce temps, les autres sens sont aussi actifs et bombardent le système nerveux en réclamant une réponse. Au même moment, les organes et les fonctions du corps sont constamment surveillés et dirigés. Tout ce travail est accompli en équipe par les trois systèmes nerveux. Voici une description de chacun d'eux.

  • Le système nerveux central (SNC) est composé du cerveau et de la moelle épinière. Les influx émis dans le cerveau sont envoyés aux diverses parties du corps par l'intermédiaire de la moelle épinière. Le cerveau est protégé et enchâssé par le crâne, tandis que la moelle épinière est protégée et enchâssée par les vertèbres cervicales, thoraciques et lombaires. La moelle épinière est une continuation directe du tronc cérébral qui commence à la marge supérieure de la vertèbre et se termine à l'extrémité inférieure de la première vertèbre.
  • Le système nerveux périphérique (SNP) est fondamentalement une prolongation du système nerveux central. Le système nerveux périphérique relie le système nerveux central à tous les tissus du corps. Trente et une paires de nerfs rachidiens se détachent de la moelle épinière et forment un réseau très complexe de nerfs qui rejoignent toutes les parties du corps. Les tissus du corps relayent les messages ou signaux et les renvoient au cerveau et vice versa. Un système nerveux sain permet la propagation fluide de ces signaux nerveux à mesure qu'ils vont et viennent du cerveau aux tissus corporels.
  • Le système nerveux autonome (SNA), aussi appelé système nerveux «involontaire», contrôle les activités du corps qui échappent à notre conscience. Le système nerveux autonome comprend toutes les cellules nerveuses, ou neurones, situées à l'extérieur de la moelle épinière et du tronc cérébral. Le SNA est lui-même divisé en deux entités distinctes : le sympathique et le parasympathique. La division sympathique envoie des influx qui accélèrent ou stimulent la cadence (par exemple courir) tandis que la division parasympathique ralentit la cadence (la digestion par exemple). Ces deux systèmes collaborent pour assurer la régulation de la majorité des fonctions corporelles involontaires. Voici des exemples de contrôle involontaire : fréquence cardiaque, respiration, circulation sanguine et digestion.

Vous êtes assis à la maison et vous regardez le canal Historia. Excellente émission. Réception claire. Soudain, il y a de la friture, puis vous commencez à voir des fragments du Canal Savoir mélangés à Musique Plus, puis encore de la friture.

Le matin suivant, vous parcourez le journal et vous vous attardez à un article relatant un accident survenu sur un chantier de construction au cours duquel on a accidentellement heurté un câble. Les photos qui accompagnent l'article montre la destruction du matériau isolant qui entoure le câble qui a provoqué un court-circuit.
Dans le même ordre d'idées, dans le cas de la SP, la démyélinisation représente la partie «détruite» du «câble». La myéline est l'isolant, ou couche protectrice, qui permet à l'influx nerveux de voyager convenablement le long du système nerveux. Selon la localisation des plaques de démyélinisation, plusieurs systèmes corporels peuvent être touchés, notamment, parmi les plus fréquents :

  • la vision;
  • la coordination;
  • la force;
  • la parole;
  • la perception des sensations;
  • le contrôle urinaire;
  • la fonction sexuelle.

Même si d'autres maladies peuvent causer la démyélinisation dans des endroits autres que le cerveau, la moelle épinière et les nerfs optiques, ce n'est pas le cas de la SP. Quand il s'agit de démyélinisation dans le système nerveux central, la sclérose en plaques est un coupable probable.

Le système immunitaire d'un corps sain reconnaîtra un «envahisseur» et enverra l'équipe d'intervention appropriée l'attaquer. Malheureusement, pour des raisons qui ne sont pas encore complètement élucidées, chez les personnes atteintes de SP, le système immunitaire semble considérer la myéline comme un ennemi et l'attaque à ce titre en déclenchant un processus appelé réaction auto-immune.

Dans le cas de la sclérose en plaques, les lésions de la gaine de myéline provoquent une certaine interruption de la propagation de l'influx ou transmission du message. Dans la SP, des cellules suractivées et malavisées du système immunitaire pénètrent dans le SNC et causent l'inflammation dans le cerveau et la moelle épinière. Cette inflammation cause des lésions à la myéline. Quand la myéline est détruite, ces lésions ou plaques, sont accompagnées d'une accumulation graduelle de tissu cicatriciel durci (sclérose) au foyer de la lésion. Ces plaques apparaissent à différents endroits disséminés dans le système nerveux central, d'où le nom de sclérose en plaques. Alors qu'un grand nombre de ces cicatrices, ou plaques, peuvent épargner certains systèmes, d'autres causent l'interruption des signaux que le SNC essaie d'envoyer.

Axone sain et gaine de lyéline versus axone entouré d'une gaine de myéline lésée

Nous avons déjà eu recours à l'analogie avec un système téléphonique pour démontrer comment les influx nerveux voyagent d'un neurone à l'autre dans un système nerveux sain. Rappelez-vous : Le noyau de la cellule représente l'appareil téléphonique. L'«appel» est placé par le corps cellulaire de la cellule nerveuse. Le signal voyage ensuite à travers le «câble», ou axone.

À mesure que ces «appels» sont effectués, ils voyagent d'un axone à un neurone (neurone présynaptique) en empruntant la fente synaptique (où sont situés les neurotransmetteurs) et passent ensuite aux récepteurs des dendrites du neurone suivant (neurone postsynaptique).

L'axone ne touche pas vraiment la dendrite (récepteur) du neurone suivant. Les neurotransmetteurs établissent la connexion entre le neurone présynaptique (à une distance microscopique) à travers la fente synaptique pour le relier au neurone postsynaptique. Poursuivons l'analogie avec le téléphone/câble, on peut considérer le minuscule espace de la fente synaptique comme une «station relais» et les neurotransmetteurs comme les «opérateurs». Le message qui est envoyé au neurone suivant est stimulé par un influx nerveux qui peut aussi en produire un autre. L'état de la membrane détermine si l'influx est excité ou inhibé.

Il existe plusieurs types de neurotransmetteurs et chacun d'eux est unique. Voici quelques-unes de leurs fonctions principales :

  • la mémoire;
  • la fonction musculaire;
  • l'atténuation de la douleur (et transmission);
  • le sommeil (facilitation et inhibition);
  • l'excitation et la dépression.

Tout comme il existe différents types de neurotransmetteurs, il y a différents types de neurones. Comme leur nom l'indique, chacun d'eux se spécialise dans un type d'«appel» particulier. Ce sont :

  • les neurones moteurs;
  • les neurones sensoriels;
  • les interneurones.

Les neurones moteurs ont pour tâche d'envoyer des messages aux muscles et aux glandes. Vous pouvez d'ailleurs vous en rendre compte quand vous transpirez sous l'effort physique!

Les neurones sensoriels envoient les messages provenant des yeux, du nez et des oreilles au système nerveux central.
Ces neurones sont responsables de vous prévenir d'un danger imminent. Par exemple, quand vous vous apprêtez à marcher nu-pieds sur des morceaux de verre, les neurones sensoriels vous obligent à vous arrêter. Ces neurones provoquent une réaction sans que vous ayez eu à y penser d'avance.

Les interneurones envoient des messages ou relient les neurones sensoriels aux neurones moteurs. Les interneurones sont responsables du facteur réflexe.

La source de puissance du système nerveux central est l'encéphale et la moelle épinière. C'est de là que partent les commandes de nos réactions et de nos fonctions corporelles. Voici les trois principaux éléments :

  • cerveau;
  • cervelet;
  • tronc cérébral. 

Le cerveau, partie la plus importante de l'encéphale, contrôle de nombreuses fonctions, y compris le processus de la pensée, le mouvement volontaire et l'interprétation des sensations, comme la vue, l'odorat et le toucher. Il détermine aussi notre type de personnalité.

Le cervelet, deuxième partie la plus importante de l'encéphale, est responsable de la coordination musculaire, de la posture et du sens de l'équilibre.

Le tronc cérébral, aussi petit soit-il, assume l'énorme responsabilité de contrôler la fréquence cardiaque, la tension artérielle et la respiration.

Comme vous le savez maintenant, chaque système corporel a sa propre responsabilité unique. Cependant, ils doivent tous travailler à l'unisson avec les autres systèmes pour assurer le bon fonctionnement du corps. Dans ce cas, c'est le cerveau et la moelle épinière qui font équipe. Un grand nombre de personnes croient que la moelle épinière est juste une série de vertèbres et, à l'occasion, une source de douleur. Cependant, elle est la source principale de communication au sein du système nerveux central. Elle transmet les influx moteurs et sensoriels du corps au cerveau et du cerveau au corps. 

La moelle épinière court le long du canal vertébral, qui la protège des blessures. De plus, comme le cerveau, elle comporte à la fois de la matière grise et de la matière blanche. Dans la sclérose en plaques, les lésions ou plaques sont le plus souvent situées au niveau de la moelle épinière et du cerveau où elles entravent la communication par les nerfs rachidiens avec le reste du corps.

La moelle épinière est responsable de la plupart des réactions réflexes. Les réflexes rachidiens réagissent plus rapidement, car ils n'ont pas à envoyer des messages au cerveau ni à attendre une réponse. Un bon exemple est le réflexe du retrait.

Quand un danger est pressenti, ce réflexe prend le contrôle sans même que vous ayez à y penser et vous empêche fondamentalement de vous blesser. C'est ce qu'on appelle une réaction motrice involontaire.

Le contraire s'appelle mouvement musculaire volontaire. Cette réaction consciente est la plus évidente du système nerveux. Le mouvement musculaire volontaire commence par un influx nerveux qui voyage du cerveau à la moelle épinière, puis à un nerf rachidien et finalement à un nerf périphérique. Quand le nerf est stimulé, il libère une substance chimique qui stimule le muscle et provoque sa contraction.

Le système nerveux est très complexe. Une seule anomalie peut avoir des répercussions majeures sur le reste du corps. Il est facile de voir comment les cicatrices sur les cellules nerveuses peuvent perturber le fonctionnement corporel.

La recherche se poursuit pour la raison pour laquelle, dans la sclérose en plaques, le corps s'attaque à la myéline entourant les neurones. Jusqu'à ce que l'on ait répondu à cette question, vous, votre médecin (vous décidez ensemble du traitement qui vous convient le mieux) et vos connaissances sont vos meilleurs outils dans votre lutte contre la SP.